>> Comment jugez-vous les évolutions de la formation professionnelle depuis deux ans ?
La principale problématique dans laquelle se situent les entreprises aujourd’hui est celle de la gestion des compétences. Qu’est-ce qui va distinguer une entreprise française de sa compétitrice à l’étranger ?
Incontestablement, la qualité des compétences des hommes et des femmes qui la composent ! Donc les entreprises ont besoin d’outils de formation qui leur permettent d’acquérir les meilleures compétences. Voilà pourquoi la formation professionnelle en France s’est dotée de nouveaux outils : le DIF, le contrat de professionnalisation, la période de professionnalisation, la VAE, etc. Certes, ces dispositifs présentent une certaine complexité, mais je pense que celle-ci tient davantage à la nouveauté des propositions qu’à leur complexité intrinsèque.
>> Quelles mesures
par exemple ?
Je peux citer, entre autres, le développement de l’apprentissage. Le gouvernement et la Région veulent augmenter le nombre des apprentis d’ici 2009 : 500 000 au total en France, 50 000 en Rhône-Alpes. L’apprentissage permet d’intégrer de nouveaux savoir faire. Il est donc impératif de s’impliquer fortement dans son développement pour faire face à une réelle pénurie de main d’œuvre. L’apprentissage est un moyen d’attirer des jeunes sur des métiers, de les former et de leur faire découvrir les filières professionnelles qui existent. Mais il n’est pas le seul moyen.
>> Quels sont les autres
dispositifs ?
La professionnalisation permet d’acquérir de nouvelles compétences professionnelles à n’importe quel âge, à partir d’un socle de formation déjà constitué. Et puis à côté de cette formation en alternance, il y a le DIF qui conjugue la stratégie de l’entreprise avec l’appropriation par le salarié de son capital acquis. En fait, c’est une autre philosophie de la formation professionnelle qui s’instaure, elle diffère du simple budget formation d’autrefois. Cette philosophie, exige un temps d’appropriation pour que tout le monde utilise au mieux ces différents outils.
Propos recueillis
par Bruno Crozat
Les chiffres de l'alternance
> En France
En France, 11 451 contrats en alternance ont été signés au mois de juin, dont 4 750 contrats d’apprentissage et 6 701 contrats de professionnalisation. Au total, ce sont 495 000 personnes qui sont en alternance dont la majorité en apprentissage : 374 000 contre 121 000 actuellement en contrat de professionnalisation. Des chiffres à la baisse pour le contrat de professionnalisation. Ils étaient 165 200 fin juin 2005 contre 157 000 à la fin du mois de juin 2006.
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Selon Tanguy Cathelain, l'apprentissage est un moyen d'attirer les jeunes sur des métiers / Bruno Copat |
> En Rhône-Alpes
Près de 1 000 contrats en alternance ont été enregistrés en Rhône-Alpes au mois de juin (964 exactement) dont 367 en contrat d’apprentissage et 597 en contrat de professionnalisation. Au total, ce sont 9 810 contrats en alternance qui ont été signés depuis le début de l’année. Ils se répartissent ainsi : 5038 pour le contrat de professionnalisation et 4 772 pour le contrat d’apprentissage.
Source : Ministère du Travail et DRTEFP
1- Les anciens contrats en alternance : CQ, CA, CO sont cumulés avec les contrats de professionnalisation
> L’apprentissage
dans les CFA du Rhône
Il y a 3 202 jeunes apprentis dans le département dont 39 % de filles et 61 % de garçons.
42 % d’entre eux ont entre 18 et 20 ans.
> Répartition par niveau
de diplôme préparé :
23 % - niveau I et II (ingénieur, licence, master),
23 % - niveau III (bac + 2),
24 % - niveau IV (brevet professionnel, bac pro),
30 % niveau V (BEP, CAP).
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