> Quelle politique mènera la Région à propos de l’apprentissage junior ?
Nous avons pris position au niveau du Conseil régional dans le cadre de la politique de l’apprentissage et nous avons choisi et inscrit dans le plan régional des formations notre priorité pour développer l’apprentissage à partir de 16 ans. Cela signifie que nous ne souhaitons pas que se signent en Rhône-Alpes des contrats d’apprentissage junior. Nous avons d’ailleurs déjà informé les employeurs et les CFA de la région. Nous considérons que c’est une erreur d’envoyer des jeunes en apprentissage à partir de 15 ans, alors qu’ils n’ont pas fini leur scolarité. Ils termineront ensuite leur apprentissage à 17 ans et ne trouveront pas non plus de travail à cet âge-là car la réglementation ne permet pas aux employeurs de les recruter.
>> Pensez-vous favoriser la découverte professionnelle avant la fin de la scolarité ?
Autant nous sommes défavorables à la signature de contrats d’apprentissage à 14 ans, autant nous encourageons la découverte des métiers sous statut scolaire. Nous travaillons avec les CFA et l’Education nationale pour déterminer les modalités qui permettraient d’accompagner cette découverte de la vie professionnelle dès 14 ans. Il existe d’ailleurs en classe de 5e une option découverte professionnelle inscrite pour la rentrée 2006.
>> Pourquoi êtes vous si catégorique sur l’apprentissage junior ?
Il faut se souvenir du contexte de cette loi, introduite par la loi sur l’égalité des chances comme une mesure en faveur des jeunes des quartiers en zone urbaine sensible. C’est une mauvaise réponse à un vrai problème.
La priorité de la Région va d’abord vers les jeunes qui sortent sans diplôme du système éducatif. Ils sont au nombre de 15 000 chaque année en Rhône-Alpes. Je ne vous cache pas que nous pourrions être embêtés si nous recevions des contrats d’apprentissage juniors signés par des employeurs pour des jeunes de moins de 16 ans.
Cela ne devrait pas se produire, mais si tel était le cas, nous nous retrouverions dans une situation délicate entre la loi et notre volonté politique régionale.
Propos recueillis
par Bruno Crozat
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Christiane Demontes estime qu’envoyer des jeunes en apprentissage à partir de 14 ans est une erreur/ D. R. |
A partir de 14 ans
Créé par la loi du 31 mars 2006 « pour l’égalité des chances », l’apprentissage junior s’adresse aux jeunes à partir de 14 ans dès cette rentrée scolaire. Il comprend deux phases : un parcours d’initiation aux métiers, pendant lequel le jeune reste sous statut scolaire, puis la conclusion d’un véritable contrat d’apprentissage. Jusqu’à ses 16 ans, le jeune peut à tout moment, après avis de l’équipe pédagogique et avec l’accord de ses parents mettre fin à sa formation d’apprenti junior et reprendre sa scolarité dans un collège, y compris son collège d’origine, ou un établissement d’enseignement agricole ou maritime.
Lorsqu’une entreprise accueille un élève en stage dans le cadre de la première phase, elle bénéficie d’un crédit d’impôt dont le montant est égal à 100 euros par élève accueilli et par semaine de présence dans l’entreprise, dans la limite annuelle de 26 semaines.
B. C |