Une voie d’excellence  
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Plutôt destiné au départ aux élèves en difficulté, l’apprentissage se révèle
un véritable moyen d’enseigner un métier

Une confrontation directe avec la pratique, un enrichissement et un meilleur ancrage : tel pourrait être le triptyque caractérisant l’apprentissage.
Céline Wilhelm, formatrice en viticulture et œnologie au CFPPA de Belley, l’a constaté depuis qu’elle enseigne. « Les apprenants qui passent de la théorie à la pratique enregistrent mieux les différentes connaissances ainsi que les prémices de ce que l’on appelle l’expérience.
Ce sont des choses qui intéressent directement les employeurs ».
L’apprentissage, du fait des allers et retours entre cette théorie apprise en cours et les gestes, les habitudes transmises par un maître de stage, favorise une compréhension sans faille.
Alors oui ! L’apprentissage est pertinent. On touche du doigt ce que l’on apprend de la même manière que cette approche permet des questionnements des élèves auprès de leurs enseignants sur les pratiques croisées sur le terrain. Du coup, à l’issue de leur formation, les élèves arrivent chez leur futur employeur avec une véritable première expérience. « Ils ne sont pas nus, puisqu’ils possèdent des gestuelles et des automatismes de base sur les différents secteurs : la taille des vignes, les vendanges, la vinification, le travail en chais, l’élevage, etc. » Pour autant, tout reste à faire ! Une vie professionnelle ne sera pas de trop.

Tous les métiers concernés
Pour apprendre un métier, pour s’insérer professionnellement, il n’y aurait donc rien de mieux. C’est en tous les cas ce que pense fermement Gilles Barge, le directeur de la Maison Familiale Rurale de Panissière, dans le Val d’Azergues. « Il y a vingt ans, on disait de deux métiers qu’ils s’apprenaient sur le terrain : compagnon du Tour de France et… médecin généraliste ! »
Aujourd’hui, avec du recul, l’ancien prof en mécanique agricole et automobile est convaincu que tous les métiers ou presque méritent l’apprentissage. Témoin la généralisation de cette formule aux moins de 26 ans pour tous les diplômes (jusqu’à celui d’ingénieur). « Et si tous les jeunes ne sont pas faits pour cette méthode, au moins cela a modifié positivement l’image de l’apprentissage », estime Gilles Barge, pour qui l’apprentissage est, ni plus ni moins, qu’une voie d’excellence.

Daniel Pajonk

 


Les élèves emportent comme bagage des gestuelles et des automatismes de base : la taille des vignes,les vendanges, la vinification,le travail en chais, l’élevage, etc./ Daniel Pajonk

L’apprentissage requiert
une forme de maturité

Dans la majorité des cas des niveaux V, l’apprentissage correspond à une formule adaptée à des élèves en difficulté scolaire et ne trouvant pas de sens à ce qu’ils font en classe seulement. Avec l’alternance et le terrain, c’est le contraire : ce qu’ils pratiquent prend une signification concrète. « Mais ça ne marche pas avec tout le monde », prévient Gilles Barge. Car il faut être prêt à entrer dans le monde du travail en disant « bye-bye » aux vacances scolaires, aux copains que l’on n’a plus le temps de voir autant qu’avant, tout en acceptant des journées de 8 heures. Quand ils acceptent ce fonctionnement, les élèves issus de l’apprentissage sont les plus demandés sur le marché du travail : les fruits d’une entrée précoce dans la vie active.

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