« C’est devenu un enjeu national »  
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L’Agence d’Information du Centre Inffo a pour but d’informer les professionnels et le grand public sur la formation professionnelle continue. Rencontre avec la responsable de cette association

>> Deux ans se sont écoulés depuis la réforme de la formation professionnelle. Quels sont les premiers bilans ?
Le DIF, c’est-à-dire le Droit Individuel à la Formation, est l’une des innovations majeures de cette réforme. Cependant, une enquête de la Cegos (1), tout juste parue, démontre que seulement 3 % des salariés ont fait une demande de DIF en 2005. C’est peu, alors que les organismes de formation s’attendaient au contraire à une explosion des demandes.

>> Comment l’expliquez-vous ?
2005 a surtout été une année d’information. Celle-ci est bien passée dans les grandes entreprises, mais pas encore assez dans les TPE et les PME. Il faut continuer à informer les salariés, et le DIF devrait logiquement monter en puissance. On peut aussi penser que les salariés attendent d’avoir cumulés plus d’heures pour se lancer dans une formation.

>> L’un des objectifs de la réforme était de lutter contre les inégalités d’accès à la formation continue… Où en est-on ?
Il est vrai que les salariés des grandes entreprises, les cadres et les salariés des secteurs technologiques de pointe suivent plus facilement des formations que les autres. Mais le DIF et la période de professionnalisation doivent changer cette donne : le public de la formation devrait s’élargir notablement. L’employeur peut toujours repousser un DIF, mais il ne peut pas le refuser.

>> De nouveaux textes sont-ils venus modifier la formation continue depuis
la réforme de 2004 ?

De nombreux textes sont en effet parus, concernant le public, les organismes de formation ou encore les entreprises… On peut notamment retenir la loi sur l’égalité des droits des personnes handicapées, qui comporte un volet sur la formation. Il faut savoir que le niveau de qualification de ce public est en moyenne très faible. D’où la nécessité de faciliter leur accès à la formation continue. Un décret demande par ailleurs aux organismes de formation de tenir compte des personnes handicapées pour l’aménagement des locaux et des horaires.

>> Comment va évoluer la formation continue ?
La VAE (2) devrait fortement monter en puissance. Cette reconnaissance des acquis permet d’évoluer professionnellement, elle facilite l’idée de parcours professionnels et représente une sécurité pour les personnes.


« Seulement 3 % des salariés ont fait une demande de DIF en 2005… C’est peu.Il faut continuer à les informer » affirme Patricia Gautier-Moulin / Jean-Marc Collignon

Par ailleurs, le Premier ministre a annoncé en décembre 2005 vouloir créer un « Droit universel à la formation ». Il donnerait à tous - c’est-à-dire aux demandeurs d’emplois et plus seulement aux salariés - le droit d’accéder à la formation continue. Ce n’est pour l’instant qu’à l’état de projet, mais ce sera certainement l’un des combats de demain. En tout cas, la formation continue est devenue un véritable enjeu national, dont se sont emparés les politiques, et la réforme va permettre de la démocratiser de plus en plus.

Propos recueillis par Céline Boff

> NOTES
(1) Cegos est un acteur européen important de la formation
(2) Validation des acquis de l’expérience
Voir aussi DIF p 11 à 13

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