Se former, contre l’avis de son patron, c’est possible,
avec le CIF. Le salarié n’a pas besoin en théorie de l’aval
de sa direction pour présenter son dossier et disposer
d’un congé de formation
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Quelle est la principale motivation des salariés dont la demande de CIF a été acceptée en 2005 par la commission paritaire du Fongecif ?
Réponse : changer de métier. Loin devant les autres motivations, celles d’acquérir une qualification supérieure ou de se perfectionner professionnellement.
Le CIF est donc un projet personnel du salarié. Sa direction ne peut pas le lui refuser, tout au plus tenter d’en repousser l’échéance, mais jamais au-delà de neuf mois. Mieux vaut quand même essayer d’obtenir la bénédiction de votre entreprise, car en pratique, l’organisme qui financera votre CIF y sera particulièrement sensible.
Quelques
trucs utiles
Il y a bien sûr quelques conditions pour se porter candidat. Justifier d’une ancienneté de 24 mois comme salarié - consécutifs ou non - et d’une ancienneté d’un an dans l’entreprise.
Le mois précédent l’étude de votre dossier, il vous faut impérativement travailler dans l’entreprise. C’est un détail qui n’est pas mentionné mais qui compte. Enfin et surtout : présenter un projet en béton ! Si vous n’arrivez pas à convaincre le conseiller du Fongecif qui suit votre dossier du bien fondé de votre demande, n’espérez pas trop en la clémence de la commission paritaire qui donne son feu vert. En revanche, si votre dossier réussit à passer devant ce jury, il a 72 % de chances d’être accepté (statistiques 2005 du Fongecif).
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Le Fongecif paie le salaire du salarié – de 60 % à 90 % selon sa situation - tout au long de sa formation, période d’exame incluse / Laurent Thévenot |
Plusieurs trucs sont utiles pour mettre toutes les chances de votre côté. Soigner votre lettre de motivation. C’est là-dessus que les membres de la commission jugeront votre projet.
Elle sera lue à haute voix, après trente très bons dossiers et avant trente autres projets tout aussi convaincants. N’hésitez pas à démontrer votre motivation en prenant en charge quelques frais annexes à la formation.
C’est une façon de prouver au jury votre détermination à vous investir dans cette nouvelle orientation. Vérifier quand même que le Fongecif vous paie votre salaire – de 60 % à 90 % selon votre situation - tout au long de la formation, période d’examen incluse.
Bruno Crozat
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Le CIF au compte-gouttes
Seulement 3 000 CIF sont financés chaque année en Rhône-Alpes. Neuf dossiers sur dix sont pris en charge par le Fongecif, organisme collecteur obligé de la contribution obligatoire de 0,2 % de la masse salariale pour les entreprises de plus de 10 salariés. Pourquoi si peu ? Parce que ce sont généralement des stages longs de douze mois, voire deux ans, qui permettent de se qualifier ou de se requalifier complètement, pour changer totalement de métier. La motivation demandée au salarié est extrêmement importante. Son projet professionnel doit être particulièrement bien ficelé et il aura la plupart du temps à financer lui-même une part parfois non négligeable de la formation. Ce sont donc peu de salariés chaque année qui décrochent ce sésame, mais leurs projets sont souvent ambitieux.
B. C.
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