Debout les jeunes  
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Problème n°1 du bâtiment : recruter des jeunes. Gilles Beaumont l’a bien compris.
Le Plan de Formation de sa société investit 14 % de la masse salariale chaque année,
presque dix fois plus que l’obligation légale

Quand nous évoquons le sujet de la pénurie de main d’œuvre, mes collègues chefs d’entreprise du bâtiment se plaignent de ne pas trouver de jeunes. Moi, j’en refuse » plaisante le directeur général de Bertrand Duron SA, une entreprise installée à Cours la Ville, au nord du département du Rhône.
Pour Gilles Beaumont, ce n’est pas une simple boutade, mais une préoccupation majeure, une question de survie. Il y va du développement de son activité.
Quand il prend la direction de l’entreprise en 1999, celle-ci ne possède pas de plan de formation. C’est lui qui met en œuvre le premier en 2000. Puis le second en 2003 et le plan actuel qui couvre la période 2006-2007. Chaque fois le budget enfle, passant de 130 000 euros en 2000 à 360 000 euros aujourd’hui (1). Cette fièvre formatrice serait-elle inquiétante ? « C’est un objectif d’ensemble, clairement formulé qui fait partie de la politique stratégique de la société. Le bâtiment est un excellent ascenseur social. Si les jeunes comprennent qu’ils ont la maîtrise de leur avenir, ils font les efforts nécessaires. »

Attirer et fidéliser des jeunes
Aujourd’hui, la moyenne d’âge des 120 salariés de B. Duron SA ne dépasse pas les 35 ans, le turnover plafonne à 2 %. Gilles Beaumont a le sentiment de palier aux carences d’un système éducatif qui a donné de la maçonnerie une image désastreuse et en a fait le dernier recours des jeunes en mal d’orientation. « C’est un métier technique, qui exige de l’autonomie, de l’analyse, de l’organisation et de la rationalité. Il faut avoir l’esprit de synthèse et du courage » énonce-t-il comme pour réhabiliter son métier.
Son plan de formation vise deux objectifs. Les qualifications en interne, les salariés sont évalués individuellement tous les ans et les formations réparties en fonction des objectifs de l’entreprise : la lecture topographique, la conduite d’engins, l’amiante, l’informatique. Le second objectif : attirer et fidéliser des jeunes. L’entreprise accueille constamment des stagiaires qui reviennent. Une dizaine d’entre eux ont été embauchés en CDI et passent en deux ans le CAP et le BP de maçon à raison de quatre semaines en entreprise et deux semaines à l’école. Une démarche parfaitement originale qui assure à l’entreprise des compagnons bien formés techniquement et ayant acquis, valeur inestimable, le goût du travail bien fait.

Bruno Crozat

> NOTES
(1) Effectif : 52 personnes
en 1998 / 120 en 2006
CA : 4 millions d’E en 1998
16 millions d’E en 2005


Le bâtiment est un excellent ascenseur social / Bruno Crozat

Budget du plan de formation
2000-2001 : 130 000 E
2003-2004 : 193 000 E
2006-2007 : 360 000 E
14 % de la masse salariée (non chargée)

Le Plan de Formation finance :
• pour un tiers les formations internes à l’entreprise concernant l’évolution du personnel et les formations obligatoires, exemple : la sécurité.
• pour deux tiers la classe du lycée professionnel de Thizy, 10 élèves issus de la comptabilité, de la gestion et d’autres filières qui préparent le métier de maçon en deux ans

Financement :
ARETF (organisme collecteur du bâtiment), FSE (Fonds social Européen) et l’entreprise.

 

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Le Progrès