« Le DIF, une troisième voie »  
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Chaque année, tout salarié dispose d’un crédit de formation de vingt heures qu’il peut cumuler sur six ans. Entretien avec Serge Géri

>> Qu’est-ce que le DIF, le droit individuel à la formation ?
C’est une possibilité pour le salarié de demander une formation. Même si le législateur l’a appelé le DIF, le droit individuel à la formation, n’est que le droit à demander une formation et non pas le droit à obtenir une formation. Ce qui est radicalement différent ! On pourrait d’ailleurs s’interroger sur le bien fondé de l’appellation : DIF. Chaque année, tout salarié dispose d’un crédit de formation de vingt heures qu’il peut cumuler sur six ans.

>> Qu’apporte de plus ce droit pour la formation permanente ?
Avant le DIF, il n’y avait seulement que deux moyens de se former. Le premier grâce au plan de formation de l’entreprise. Celui-ci est décidé et proposé par la direction ou les ressources humaines et s’inscrit dans le cadre du projet de l’entreprise et de son développement.
Le salarié n’a pas d’initiative. L’autre voie, le CIF : le congé individuel de formation est un projet propre au salarié. Le chef d’entreprise ne peut pas le refuser, il peut tout au plus l’ajourner. La loi sur la formation tout au long de la vie ouvre maintenant une troisième voie : le droit individuel à la formation. C’est une voie médiane. Le DIF donne un crédit de formation pour tous les salariés sans pour autant lui laisser la latitude de l’utiliser de son propre chef.

>> L’employeur peut-il refuser ?
Les projets de l’entreprise et du salarié doivent converger. Ce dispositif vise à rechercher des convergences entre le désir de formation du salarié et le besoin de l’entreprise. L’employeur a le droit de refuser s’il estime que la demande ne va pas dans le sens du projet de l’entreprise.
Si le salarié fait une nouvelle tentative l’année suivante et que l’employeur refuse encore, le salarié peut demander au Fongecif de trancher, parce qu’il est un organisme paritaire. Pour moi, le DIF est intéressant pour tous, parce qu’il permet au salarié de s’adapter à son environnement tout au long de sa vie professionnelle.

Propos recueillis par Bruno Crozat

 


« AGEFOS PME collecte chaque année 100 millions d’euros pour la formation permanente en Rhône-Alpes » affirme Serge Géri/ Bruno Crozat

Le DIF, en principes

• 20 heures de formation par an
Le salarié bénéficie de 20 heures de formation par an, cumulables sur six ans qu’il peut faire valoir à sa demande et avec l’accord de l’entreprise. Cela concerne les salariés en CDI ayant au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise. Pour un salarié à temps partiel ou en CDD, ce capital d’heures est calculé au prorata de la présence en entreprise.

• Hors du temps de travail
La formation se déroule en dehors du temps de travail. Si un accord de branche ou d’entreprises a été signé, le DIF peut se dérouler en totalité ou partiellement sur le temps de travail. Dans ce cas là, le salarié bénéficie de sa rémunération complète.

• La moitié du salaire
Le salarié en formation en dehors du temps de travail perçoit 50 % de sa rémunération nette, et l’employeur assure les frais de formation et de transport. L’employeur à l’obligation d’informer chaque année ses salariés des droits acquis.

 

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Le Progrès