Le DIF sur le terrain  
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Peu d’entreprises se sont vraiment emparées du DIF comme instrument d’une politique sociale. Gros plan sur deux petites structures de l’agglomération lyonnaise : Daikin Chemical à Pierre Bénite et Synarc à Lyon 3e

Daikin Chemical est implantée depuis juillet 2004 sur le site d’Atofina. Cet atelier du groupe japonais de premier rang mondial Daikin Chemical compte 33 personnes et produit des élastomères fluorés. « Nous sommes tenus à des procédures extrêmement strictes dans le domaine de la chimie. Notre personnel doit être hyper formé et donc nous investissons beaucoup dans la formation » explique Mme Ferré. Cette petite unité a donc tout de suite profité des nouvelles opportunités que lui offrait le DIF pour former son personnel. « Nous sommes une petite entreprise » poursuit-elle, « l’adéquation entre les souhaits des salariés et les objectifs de formation se fait assez naturellement. Nous avons également intégré dans le DIF des formations qualifiantes longues. Nous avons par exemple une personne en formation longue, trois ans, à l’université Lyon 2. Une partie de son cursus est pris en charge dans le cadre du DIF ».

Le DIF responsabilise davantage les salariés Synarc procure aux industries pharmaceutiques des outils pour tester l’efficacité de leurs médicaments. Pour Patrick Garnero son directeur, l’arrivée du DIF sensibilise les salariés : « Jusqu’à présent les formations étaient mises en place soit à ma propre initiative, soit à la demande ponctuelle de certains employés. Ce mode de fonctionnement attribue souvent les mêmes formations aux personnes qui ont l’habitude de les demander. Le DIF responsabilise davantage les salariés, les pousse à être actif pour gérer leur parcours professionnel ». Pour l’entreprise il s’agit donc de planifier des formations en fonction des besoins de l’entreprise et des parcours individuels. « Nous avons mené une première information et nous comptons mettre en place avec chaque employé un parcours de formation. Selon moi, le DIF améliore le dialogue social entre salarié et employeur. Tous savent maintenant que la formation n’est plus du seul ressort de l’employeur et qu’ils ont un droit à la formation. Cela posera sans doute des difficultés de réorganisation, mais c’est une chance qui permet de ne plus aller toujours vers les mêmes formations et d’ouvrir ces opportunités à tous ».

Bruno Crozat


Au sein de Daikin Chemical, des formations qualifiantes longues ont été intégrées au DIF / Laurent Thévenot

Le DIF à la peine

Le DIF est une réforme de fond, compliquée à mettre en œuvre. Elle prendra quelques années avant de toucher un nombre significatif de bénéficiaires. En 2004, il ne s’est rien passé. En 2005 les partenaires sociaux ont commencé à signer les premiers accords de branche. Peut-être qu’en 2007 les salariés verront enfin les premiers effets de cette loi pour la formation permanente en entreprise. Pour Bernard Garboud de la direction du travail (la DRTEFP), c’est assez normal « Le principe du DIF est basé sur la capitalisation : 20 heures par an. La première année, les gens ne vont pas demander une formation de 2 jours, ils vont attendre d’avoir un crédit d’heures suffisant. Certaines branches professionnelles ont même aménagé le DIF en augmentant le crédit à 25 ou 30 heures pour pouvoir le mettre en œuvre. »

B. C.

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Le Progrès