Lucyf’Hair, étoile montante  
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Inventeur d’un bijou pour cheveux, Sylvain Tillon, 24 ans, a monté son entreprise Lucyf’Hair à la suite d’un projet fictif de création à l’EM Lyon. Tout en poursuivant sa formation...

A 24 ans, Sylvain Tillon est à la fois étudiant et... patron d’une petite entreprise ! Veste noire sur jean, barbe de deux jours, le jeune homme travaille pour le milieu de la mode. Il a inventé un bijou fantaisie pour cheveux, muni d’un système d’attache innovant et très pratique.
« Tout est parti d’un projet de création d’entreprise virtuelle en 1ère année à l’EM Lyon » raconte Sylvain. En mai 2003, lors de la présentation de ce projet devant un jury de professionnels, il est remarqué par l’Oréal, qui l’incite à développer concrètement son idée.
« Sans ça, je n’aurais jamais insisté... ». Ayant amélioré son procédé, il fait une étude de marché auprès des jeunes filles. Contacte, sur les conseils de l’Oréal, un jeune designer graphiste, qui le rejoint. « A ce moment là,
il a fallu parler technique. Or, on n’y connaissait rien…». Sylvain rencontre alors un conseiller innovation de la CCI de Lyon. « Il m’a permis de suivre une formation de plasturgie et m’a mis en relation avec l’INPI pour déposer le brevet. » En novembre 2003, la société Lucyf’Hair est créée, avec un capital de
15 000 euros.

Une ligne signée Nicolas Fafiotte
Les prototypes réalisés, reste à trouver un fabricant. « Aucune entreprise de la Plastic Valley ne croyait à notre projet. Par relation, on a rencontré quelqu’un à Paris, qui possédait des usines en Chine ». A partir de janvier 2004, Sylvain obtient des horaires aménagés à l’EM Lyon. Un cursus en cinq ans au lieu d’un an et demi… En juin, se présente l’opportunité de participer au concours European Business plan of the Year à Athènes. « Face aux plus grandes écoles de commerce européennes, qui présentaient de gros projets, on faisait vraiment figure d’outsider. » Mais, contre toute attente, Lucyf’Hair remporte le premier prix !


Lucyf’Hair, l’entreprise de Sylvain Tillon, est aujourd’hui distribuée en France, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Espagne et en Italie. / S.G.


Un tournant. Deux mois plus tard, la société est labellisée Novacité et signe son premier client, Etam, qui lui prend 10 000 pièces. Le lancement est un succès et incite Lucyf’Hair à créer une seconde gamme de bijoux, destinée aux femmes. « Lors d’un défilé, j’ai croisé Nicolas Fafiotte », raconte Sylvain. Séduit par l’originalité du concept, le couturier lyonnais conçoit avec lui une gamme «haute couture», qu’ont porté sur leurs coiffures les candidates à l’élection de Miss France 2007.
Aujourd’hui, Lucyf’Hair affiche 150 000 euros de CA, compte trois salariés, est distribué en France, aux Etats-Unis, en Angleterre, en Espagne et en Italie. Mais ne veut pas s’arrêter là ! « On veut faire revenir la fabrication en France, créer des bijoux parfumés… On a plein de projets ! » lance Sylvain qui devrait sortir diplômé de l’EM cet été. Heureux de poursuivre un rêve, dont il a fait un métier…

Sébastien Graciotti



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