Grégoire de Beco est directeur commercial international chez Chevron. De son bureau lyonnais, il est chargé de la stratégie de vente du molybdène, un minerai associé à l’acier et utilisé aussi bien dans certaines parties d’avions, de missiles ou de téléviseurs. Portrait.
« Mon plus gros contrat ? Je l’ai négocié pendant une partie de basket avec des clients américains» s’amuse Grégoire de Beco dans son bureau du 20ème étage de la tour du Crédit Lyonnais. Directeur commercial « monde » dans l’une des plus grosses entreprises pétrolières d’Outre-atlantique, Chevron, Grégoire prend l’avion le lendemain pour le Japon et la Corée du Sud. A la recherche de nouveaux clients, bien sûr, mais aussi pour rencontrer ceux à qui il vend son produit. Le molybdène, un minerai qui est utilisé dans la composition de l’acier afin de le rendre plus résistant.
Négociations sportives
« J’ai organisé une partie de golf avec des clients coréens, ajoute t-il. Je trouve que le contact passe toujours mieux lorsque l’on pratique un sport qu’autour d’une table ! » A 75 dollars le kilo, le minerai n’échappe pas à la hausse du prix des matières premières. Aujourd’hui, un camion de molybdène vaut près d’un million de dollars. Grégoire livre 12 camions chaque mois. Négocier les prix, ce jeune trentenaire adore ça. « Quand je raccroche le téléphone, je me dis toujours que j’aurais pu mieux négocier et vendre plus cher ! »
Si Grégoire décide de la stratégie de vente du molybdène pour des contrats à court ou long terme, il est également chargé de trouver des partenaires qui vont transformer et raffiner le minerai.
Tous les jours, Grégoire collecte un maximum d’informations sur le marché du minerai, ses concurrents, les politiques énergétiques mises en œuvre par les différents gouvernements.
Après l’EPSI, une école de commerce parisienne, Grégoire de Beco poursuit ses études aux Pays-Bas où il décroche un « Bachelor of Arts ». Après 8 mois à Los Angeles pour un stage de fin d’études, il est embauché chez Molycorp. Une entreprise aujourd’hui dans le giron de Chevron. Son conseil à l’endroit des jeunes diplômés qui cherchent du travail ? « Ne suivez pas la tendance du moment. Il y a 10 ans, quand j’ai commencé, tous mes amis étaient embauchés dans des start-up. C’était la mode. Moi, je me suis tourné vers l’industrie. C’était peut-être un peu moins sexy, mais il y avait pas mal de places à prendre. Et surtout, j’ai évolué très rapidement ! » Embauché à 27.000 euros par an à ses débuts, Grégoire a multiplié par trois sa rémunération en 10 ans.
E.S
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Le conseil de Grégoire de Béco à l'endroit des jeunes diplômés qui cherchent du travail ? Ne suivez pas la tendance du moment. / E.S.
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Directeur commercial : se former à ce métier
■ Une école de commercie en cinq ans après le bac ou en trois ans après une classe prépa.
■ L'université propose aussi des formations professionnalisées (licence pro, IUP, master pro).
■ Les IEP (instituts d’études politiques) et le CELSA.
■ Maîtriser l'anglais. |