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Chercheur, un profil pluri-compétent  
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Les années de recherche des doctorants constituent déjà une importante expérience professionnelle

« Quel est votre sujet de recherche ? De quels moyens aurezvous besoin pour le traiter ? Comment votre sujet s’inscrit-il dans votre projet professionnel ? Qu’envisagez-vous si votre thèse n’aboutit pas ? » Chaque année, la cinquantaine de prétendants à la thèse accueillis au sein de l’école doctorale E2M2(1) (Lyon 1 – Insa) doit franchir l’épreuve du feu.
« Nous ne sélectionnons que les candidats les plus à même de réussir, résume Jean-Pierre Flandrois, directeur de l’école. Ensuite, l’école. Ensuite, chaque année, ce projet de vie, en quelque sorte, est réinterrogé, réajusté afin d’être toujours en phase avec l’environnement, la réalité du thésard.
« En agissant ainsi, nous préparons chacun d’entre eux à son insertion professionnelle, poursuit le directeur. Plus précisément, nous les amenons à prendre conscience que leurs trois années de thèse minimum sont déjà une expérience professionnelle où ils font preuve de persévérance, de créativité, de remise en question, de sens de l’organisation, de recherche de financements, de gestion de stocks, de management d’équipes,… sans oublier la capacité de résistance au stress dont ils font preuve. » Un sorte de bilan de compétences. A ce titre, l’école propose aussi, à ceux qui le souhaitent, d’adjoindre un nouveau chapitre à leur thèse. Réalisé en partenariat avec l’association Bernard Grégory (insertion professionnelle des jeunes chercheurs), ce travail consiste, pour l’étudiant chercheur, à accoucher, avec l’aide d’un mentor spécialiste du recrutement en entreprise, de tout ce dont il a dû faire preuve pour faire aboutir son travail (se battre pour un crédit, gérer un conflit de personnel,…).
L’école doctorale, qui rassemble une bonne dizaine de laboratoires qui vont des paléoenvironnements à l’écologie des hydrosystèmes fluviaux, encourage enfin aussi ses doctorants à la curiosité, la mobilité intellectuelle, l’ouverture sur tout ce qui les sort de leur strict domaine de recherche. « Beaucoup d’entre eux entament une thèse avec l’espoir d’intégrer ensuite un laboratoire public. Mais les postes sont bien trop peu nombreux comparés au nombre de doctorants diplômés chaque année. C’est pourquoi nous les incitons à s’intéresser aussi à l’entreprise et aux collectivités locales. »

Nathalie Brichler (1)
« évolution – écosystèmes – microbiologie – modélisation »

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Le chercheur est encore trop souvent un individu très expérimenté qui s’ignore / N.B.
Ne pas creuser un trou au fond d'un trou
Un chercheur incapable de parler d’autre chose que de ses publications ou du contenu de son sujet de thèse a peu de chance de convaincre un recruteur. Quand on sait que la plupart des chercheurs qui ont trouvé un emploi travaillent sur un autre sujet que celui de leur thèse, il devient alors nécessaire de prendre conscience qu’il faut valoriser au plus tôt tous ces « à-côtés » sans laquelle la recherche ne serait pas. « Il est aussi bon de se poser quelques questions de base, rappelle Jean-Michel Jolion, directeur du PRES(1). Mon sujet présente-t-il une valeur ajoutée pour l’université, l’industrie ? Il vaut mieux éviter de tomber dans le travers de l’hyperspécialisation, où l’on choisit de creuser un trou au fond d’un trou ! »
L’autre difficulté – mais les choses bougent ces temps-ci, la présidente du Medef venant d’appeler ses entreprises à recruter des docteurs – est que le monde de l’entreprise, en France, préfère un ingénieur (dont il connaît souvent le parcours) à un docteur (dont il ignore quasiment tout). Il y a donc urgence à mieux faire connaître le quotidien d’un chercheur.


N. B.
(1) Pôle de recherche et d’enseignement supérieur de l’université de Lyon.
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