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"Il existe un vrai savoir-faire français"  
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Rencontre avec Gilbert Henri, chaudronnier de formation et aujourd'hui chef d'atelier chez Auber au Chambon-Feugerolles (Loire)

Quel a été votre parcours ?
J’ai baigné dans le milieu de la métallurgie dès mon enfance puisque mes parents étaient propriétaires d’une entreprise de chaudronnerie à Roche-la-Molière. J’ai passé mon CAP de chaudronnier en 1972, mon brevet professionnel en 1973 et j’ai obtenu un premier CDI la même année. Après avoir travaillé dans plusieurs entreprises de la région stéphanoise j’ai commencé chez Auber en 1987 et gravi les échelons.

Votre salaire a-t-il bien évolué ?
Sincèrement, le salaire n’évolue pas vite dans ce métier. J’ai commencé comme ouvrier qualifié à 7200 francs nets par mois (1100 euros) avant de passer technicien d’atelier des années plus tard à 10 000 francs nets (1500 euros). Je ne suis chef d’atelier que depuis 2000, j’avais quand même 45 ans à l’époque ! Avec mon statut de cadre, je gagne aujourd’hui 2200 euros nets par mois, primes et heures supplémentaires comprises sur une base de 38h30 par semaine.

Ce métier manque -t-il de reconnaissance ?
C’est évident ! Même si la métallurgie est un secteur qui a beaucoup souffert dans les décennies précédentes, il y a aujourd’hui un réel besoin de main d’œuvre. Le métier ne va pas disparaître demain, il existe un vrai savoirfaire français. Ce que l’on sait fabriquer aujourd’hui s’apparente à de l’art quelque part !

A t-il beaucoup évolué ?
Nous sommes passés à l’heure du « tout numérique ». Ceux qui, comme moi, viennent de l’ancienne école en ayant appris le métier essentiellement sur le tas ont dû se familiariser avec des machines qui sont devenues de véritables ordinateurs.

Quels conseils prodigueriez- vous à des jeunes ?
Pour arriver à ce poste, c’est très long parce qu’il faut déjà avoir la maîtrise de toutes les machines. Il faut beaucoup d’expérience dans la chaudronnerie et les places ne sont pas nombreuses pour le poste de chef d’atelier. Quant au pur métier de chaudronnier, les qualités nécessaires sont la rigueur et surtout la capacité à savoir lire un plan !

Frédéric Sauron

Savoir-faire français
Gilbert Henri (52 ans) : "j'ai trois personnes sous ma responsabilité, c'est à la fois peu et beaucoup dans une petite PME" / F.S.


N.B.

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