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Cécile a 33 ans. Après treize années passées dans le BTP, elle ressent le besoin d’évoluer professionnellement. Elle passe alors un bilan de compétence, puis suit une formation d’économiste de la construction. Grâce au CIF, au Congé individuel de formation. « Ce dispositif m’a permis de me réorienter sans avoir à emprunter », témoigne Cécile, qui ajoute : « Le CIF gagnerait à être mieux connu, c’est la seule formule possible lorsque l’on est une femme avec enfants à charge. »
Tous les salariés ont le droit de solliciter un CIF au cours de leur carrière, pour évoluer ou changer de métier. Ce CIF permet d’accéder à des formations qui relèvent de son seul choix, qui sont indépendantes du plan de formation de son entreprise et qui peuvent être financées en totalité ou en partie par les organismes collecteurs (Fongecif ou Opca).
En 2006, le Fongecif Rhône-Alpes a ainsi financé les CIF de 3 411 salariés de la région. « 69 % des bénéficiaires ont demandé un CIF pour changer d’activité professionnelle, 20,5 %, pour accéder à un niveau de formation supérieure, 8 % pour se perfectionner et 2 % pour une ouverture culturelle », détaille Renée Husson, directrice du Fongecif Rhône-Alpes.
Le profil de ces bénéficiaires du CIF ? Qu’ils soient en CDD ou en CDI, ils sont majoritairement employés, sont surtout âgés de 35 à 44 ans et sont essentiellement… des hommes (58,2 %). Mais toutes les catégories socioprofessionnelles sont cependant représentées, avec un bémol pour les plus de 54 ans (seulement 0,5 % des bénéficiaires en CDI et 1,4 % des bénéficiaires en CDD).
Le Fongecif Rhône-Alpes ne se contente pas de financer les CIF. Il conseille, oriente et propose désormais aux salariés une « mise préalable en situation réelle de travail. » Les salariés envisageant une reconversion totale peuvent ainsi vérifier sur le terrain si le métier souhaité est bien conforme à leurs attentes. Bertrand, 22 ans, boulanger industriel ayant pour objectif de devenir vendeur en magasin, a pu tester ce dispositif : « J’ai passé une journée dans un magasin de prêt-à-porter, une autre dans les jeux vidéos, une troisième dans l’ameublement. Ce sont les trois secteurs qui m’intéressent en priorité. Grâce à la mise en situation réelle, j’ai trouvé ce que je voulais… »
Céline Boff
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La majorité des bénéficiaires du CIF ont suivi une formation afin de changer d'orientation professionnelle / C.B.
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"On peut postuler à de nombreux emplois"
Chantal Liveneau, 51 ans, maman de trois enfants, comptable en CDD. Elle entreprend un CIF en 2003.
Dans quelle situation professionnelle étiez-vous lors de votre demande de CIF ?
J'étais en CDD dans l'entreprise Anova à Grenoble et, à la fin de mon contrat, j'ai choisi de prendre neuf mois pour suivre cette formation au CFP Charmilles à Saint-Martin-d'Hères (38). Plus précisément, c'était un accompagnement à la VAE (Validation des Acquis de l''Expérience) pour passer un baccalauréat professionnel de comptabilité.
Qui a pris en charge le coût de votre formation ?
Le Fongecif a pris en charge ma rémunération, fixée sur la base de mon dernier salaire, ainsi que 85% de ma formation. C'est une association grenobloise, Réagir Autrement, qui a financé le rste de ma formation ainsi que les coûts annexes, comme les frais de garde de mes trois enfants.
Avez-vous eu peur de retourner à l'école à 51 ans ?
Au départ, j'appréhendais l'idée de me retrouver avec des filles de trente ans de moins que moi. Et finalement, je n'ai jamais été mise à l'écart, ni par les élèves, ni par les enseignants. Nos connaissances étaient complémentaires. Un échange s'est aussi instauré avec mes enfants. On travaillait ensemble, on échangeait nos cours. On se motivait mutuellement.
Que faites-vous depuis la fin de votre CIF ?
J'ai eu mon baccalauréat professionnel de comptabilité en VAE. j'ai fait plusieurs remplacements de maternité dans des entreprises différentes toujours en CDD. Grâce à toutes mes démarhces, j'espère arriver à décrocher un CDI. Depuis mon CIF, je peux postuler aux emplois qui demandent d'avoir au minimum un baccalauréat professionnel.
Propos reccueillis par Cécile Millet
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