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C’était l’une des innovations majeures de la réforme de la formation professionnelle, mise au point en 2004. Le DIF, pour Droit individuel à la formation, devait contribuer à lutter contre les inégalités d’accès à la formation continue – les formations étaient jusque là essentiellement suivies par les salariés des grandes entreprises, par ceux des secteurs technologiques de pointe et par les cadres – et ainsi valider l’idée d’une « formation tout au long de la vie, pour tous ».
Peut mieux faire
Trois ans plus tard, force est de constater que le DIF ne connaît pas le succès escompté. « Seuls 2,5 % des salariés ont demandé à l’utiliser cette année », précise d’ailleurs Patricia Gautier-Moulin du Centre Inffo*. Si l’on peut raisonnablement pensé que certains salariés attendent de cumuler un crédit d’heures de formation maximal avant de se lancer, il faut aussi reconnaître que le DIF est un dispositif méconnu. Un sondage de l’organisme de formation Adiscos a ainsi révélé qu’en 2007, « 40 % des salariés ignorent encore ce qu’est le DIF »…
Mais justement, qu’est-ce que le DIF ? Il s’agit d’un outil permettant au salarié de se constituer un crédit d’heures de formation de 20 heures par an, cumulable sur six ans, dans la limite de 120 heures. Il appartient au salarié d’utiliser ce DIF pour les formations de son choix, bien que sa mise en œuvre requiert l’accord de l’employeur… Et d’ailleurs, une enquête de l’organisme de formation Demos parue en février 2007 a montré que plus de 7 sociétés sur 10 ont prévu une articulation entre le DIF et le plan de formation de leur propre entreprise…
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Le DIF étant un droit reconnu au salarié, celui-ci est libre ou non de l'utiliser / Stéphane Guiochon |
La plupart des formations sollicitées en DIF ont d’autre part un rapport avec l’activité de l’entreprise. Seules 16,5 % des demandes ne relèvent que de centres d’intérêt strictement personnel… Les motivations des salariés demandant un DIF sont donc très éloignées de ceux sollicitant un CIF (Congé individuel de formation).
Côté formation, les langues, l’informatique, le management et le marketing sont les matières les plus demandées.
Et si le DIF reste pour l’heure confidentiel, il devrait logiquement monter en puissance, à l’instar de la VAE (Validation des acquis et de l’expérience), surtout lorsque l’on sait, comme l’a révélé la Cegos, que « 54 % des DRH ont pour priorité la formation pour le renouvellement des compétences. »
C.B. |