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Apprenti Compagnon, plus qu'un apprentissage  
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Chez les Compagnons du devoir, l’apprentissage est une tradition séculaire. Il est la pierre angulaire de la formation.

Du haut de ses 16 ans, Alexandre Dautel a choisi cette voie originale pour apprendre son métier. Lors de sa 3ème technologique, deux stages d’une semaine en entreprise lui ont permis de se tester. Il a ensuite postulé dans une entreprise du bâtiment et commence à travailler en septembre. « C’est un secteur très varié, très divers, c’est ce qui m’a plu. Et puis j’en avais un peu marre de l’école, je voulais changer, connaître le monde du travail. Pour mes parents, tant que je faisais quelque chose qui me plaisait, ils étaient d’accords ».

Très prisée et très réputée, la formation sur le tour de France est plus qu’un simple apprentissage. Chaque apprenti travaille dans son entreprise et suit la formation du CFA, le Centre de Formation à l’apprentissage. Chaque soir de 20h00 à 22h00, ils ont deux heures de cours supplémentaires. Autant dire que les journées sont bien remplies ! « Dans cette entreprise, je vais apprendre la base de mon métier. Et puis si j’ai une bonne note au CAP, peut-être que je ferais un Bac Pro. Je verrais ».

Pendant son CAP, Alexandre sera stagiaire chez les Compagnons. Il partira ensuite dans une autre entreprise, loin de Lyon, pour acquérir des techniques spécifiques qui se pratiquent dans les autres régions de France. L’année suivante, il pourra demander à devenir « Aspirant compagnon » et présenter une pièce d’adoption, un petit ouvrage qui témoigne des ses premières acquisitions techniques. Après quatre à cinq ans sur le tour, il devra présenter son « chef d’œuvre », une réalisation qui cumule l’ensemble des difficultés techniques de son métier. Une fois reçu, Alexandre devra encore passer une ou plusieurs années sur le tour pour devenir « Compagnon fini ». Cet itinéraire le conduira dans une demi-douzaine de région en France. Il façonne des ouvriers accomplis, tant sur le plan professionnel que moral. Les Compagnons du tour de France accordent une importance toute particulière à certaines valeurs : le goût de l’effort et du travail bien fait, la transmission de leur savoir-faire.

Bruno Crozat

Alternance et apprentissage

Chez les Compagnons du devoir, l’apprentissage est une tradition séculaire. Il est la pierre angulaire de la formation.
Depuis 2006, Coralie travaille pour Avenance du groupe Elior, troisième opérateur pour la restauration collective en Europe. Sa dernière année en Master pro de Management de l’hôtellerie & restauration à l’Institut Paul Bocuse et Lyon 3 se déroule sous contrat d’apprentissage. La différence est significative : les frais de scolarité de 7 500 euros par an sont pris en charge par la taxe d’apprentissage, dès lors que l’enseignement est sous contrat d’apprentissage. Si l’ensemble de son cursus étudiant s’est déroulé sous le signe de l’alternance, seule sa dernière année se fait en apprentissage. Coralie a préféré l’IUP à la filière Ecole Supérieure de Commerce, à laquelle elle pouvait néanmoins prétendre en poursuivant une seconde année de prépa au lycée du Parc. « Depuis le début de mes études, j’ai cherché un enseignement moins théorique et plus appliqué. Après une année de prépa, j’ai opté pour un Institut Universitaire Professionnel. J’ai alterné cours et stages longs en entreprise. Mais avec l’apprentissage, je suis maintenant de plein pied dans l’entreprise ; je fais partie de la masse salariale et je bénéficie de tous les avantages de l’entreprise ». Si l’IUP Management des Equipes et Qualité se fait en alternance, un semestre de stage, un semestre de cours, il ne propose pas de contrat d’apprentissage. « L’IUP nous pousse à valoriser ce que nous apportons à l’entreprise » constate Coralie, « je touchais des indemnités équivalentes à 30% du Smic. Mais cela fait une grande différence avec l’apprentissage où cette prise en compte est contractualisée ».

Aide à la personne
Charlotte Fayolle ne tarit pas d’éloge sur la formation en alternance. Après un DUT scientifique à l’université Lyon I, elle a choisi de pousser ses études jusqu’à une Licence Pro spécialisée dans les techniques analytiques.


Enthousiaste ! « Après le DUT, j’avais trois possibilités. Viser un diplôme d’ingénieur, c'est-à-dire bac+8 mais c’était trop long pour moi. Je pouvais aussi travailler, ce qui est plutôt conseillé par les enseignants de l’IUT. J’ai choisi de faire une Licence Pro et je ne le regrette pas ». Depuis septembre dernier, Charlotte est sous contrat d’apprentissage dans un laboratoire de six personnes, chez Bayer Cropscience à Lyon-Vaise. « Je conseille vraiment l’apprentissage à tout le monde. Bien-sûr dans ma branche, cela m’apporte une spécialisation, mais de mon point de vue, l’une des choses les plus importantes est la transition en douceur entre la vie d’étudiante et celle de salariée. » Son statut d’apprenti lui confère un double avantage : l’entreprise lui confie davantage de responsabilités parce qu’elle elle est salariée au même titre que les autres. Mais elle reste en lien avec l’école. « Si j’avais été directement embauchée dans ce laboratoire, mon employeur aurait exigé une efficacité plus rapide. Alors qu’en tant qu’apprentie, j’ai un tuteur dans l’entreprise attentif à mon intégration, j’ai aussi un relai à l’université. Ces deux soutiens permettent de passer d’un statut à un autre de façon douce et progressive ». Charlotte perçoit une rémunération nette mensuelle de 620 euros. D’autres apprentis de sa promotion touchent jusqu’à 900 euros, selon le secteur d’activité. A la fin de sa Licence Pro, son laboratoire lui a proposé de continuer en CCD pendant trois mois.

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