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« A 8 ans, sur mon Amstrad, je concevais des programmes pour que mon frère apprenne ses tables de multiplications, raconte François Jean, face à ses trois écrans d’ordinateurs. Puis, comme j’étais nul en latin, j’ai réalisé un programme pour m’aider à apprendre le vocabulaire. » Plus tard, au lycée, François réalise son premier jeu vidéo sur les bienfaits d’une alimentation équilibrée. Son secret ? Il potasse, des heures durant, des bouquins spécialisés.
« A l’époque, c’était vraiment un jeu. Jamais je n’aurais pu concevoir que l’on gagne de l’argent grâce à ça ! »
Après une 1ère année en prépa maths sup, François suit une 1ère année de DEUG de mathématiques et enchaîne à l’INSA de Lyon, dans le département informatique. « J’ai une formation généraliste, précise t-il. Ce qui m’a attiré à l’INSA ? La section informatique très réputée. J’ai acquis un vrai background avec des concepts déclinables dans tous les domaines de l’industrie informatique. Malheureusement, l’école ne dispensait aucune formation dans les métiers du jeu vidéo. » A la rentrée, trois formations spécialisées vont voir le jour à l’université Lumière Lyon 2. « Une bonne chose » du point de vue de l’ingénieur informaticien qui reconnaît les lacunes de la formation dans ce secteur.
Ses heures de recherches personnelles et ses deux stages d’été chez Infogrames l’ont définitivement aiguillé vers l’industrie du jeu vidéo.
Aujourd’hui, il travaille sur le jeu « Astérix et les Jeux Olympiques ». Son rôle ? Il programme toute l’ossature du jeu, ses différentes fonctionnalités. « Comme lors de la fabrication d’une voiture, explique t-il. Les programmeurs réalisent le châssis et le moteur et les game designers la carrosserie et toutes les pièces visibles. »
En tant que directeur technique, François recrute aussi de jeunes programmeurs. Cette année, il a embauché cinq nouvelles recrues. Non sans difficulté. « Les jeunes ingénieurs ont très peu d’expérience dans le jeu vidéo. Pourtant, nous demandons peu : un stage ou des réalisations personnelles. »
Côté formation, il a un petit faible pour les écoles d’ingénieurs du type Centrale, l’INSA ou l’ENSIMAG à Grenoble qui proposent plus de stages que l’université. Etranges libellules recrute essentiellement à la sortie des écoles. Et selon François Jean, un ingénieur junior gagne entre 25.000 et 28.000 euros par an.
Emmanuelle Sautot
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La réalisation d'un jeu fait l'objet de nombreuses étapes / Eden Game - Archives Le Progrès
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A l’école du jeu
L’université Lumière Lyon 2 et Lyon Game, organisation professionnelle des industries du jeu vidéo, proposent trois nouveaux diplômes spécialisés dans les métiers du jeu vidéo.
Tous à vos consoles, la rentrée des classes commence le 1er octobre ! Les futurs salariés de l’industrie du jeu vidéo ont désormais leur filière spécialisée. Les deux diplômes universitaires (D.U) « Infographie 3D » et « Level design » et le Master 2 « Programmation et développement » mobiliseront 85 enseignants, dont les ¾ seront des professionnels, pour 60 étudiants. Une petite révolution dans le monde de la formation, tant les métiers du jeu vidéo sont sous-représentés. « Il existe d’autres diplômes de ce type dans le « game design » à Angoulême, Valenciennes et Paris, mais rien à Lyon, explique Julien Villedieu, directeur de Lyon Infocité-Lyon Game. Du coup, les jeunes salariés, qui viennent d’écoles d’ingénieurs, mettent 6 mois à un an avant d’être opérationnels. Un des défis de Gamagora est de pouvoir former des personnes compétentes après les 12 mois de cours. »
L’enseignement théorique, dispensé les six premiers mois, laisse la place, en fin de cursus, à six mois de réalisation de maquettes de jeux vidéos. Romuald Capron, vice-président de Lyon Game et directeur d’Arkane Studios souligne le partenariat existant entre l’université et les industriels du secteur : « le contenu de la formation a été élaboré en collaboration avec les professionnels des studios de jeux vidéo et une bonne part de ces enseignements seront encadrés par ces même professionnels. »
L’investissement, qui s’élève à 1,3 millions d’euros est financé à parts égales par l’Université Lumière Lyon 2, les industriels du secteur en Rhône-Alpes et les collectivités territoriales.
Emmanuelle Sautot
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A savoir:
- 120 entreprises de jeu vidéo (dont 5 des studios français les plus importants) en Rhône-Alpes
- 70% des studios de développement rencontrent des difficultés de recrutement:
=> 41% sur la programmation
=> 24% sur l'infographie / animation
=> 24% sur le game design |
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