Saviez-vous que, depuis 1987, l’apprentissage concernait aussi la formation supérieure ? A la rentrée 2007, près de 90 formations (83 actuellement) devraient être proposées sur les départements du Rhône, de la Loire et de l’Ain, en apprentissage.
Gérées par Forma-sup (1), un centre de formation des apprentis sans mur, ces formations de niveaux 1, 2 et 3 sont dispensées à la fois par les universités et les grandes écoles de la région. La plupart du temps, les étudiants apprentis (2) intègrent les mêmes promotions que les étudiants inscrits dans la voie classique.
Des aménagements sont alors prévus pour les apprentis, tant sur le plan pédagogique qu’au niveau de leur accompagnement (tuteur à l’école, maître d’apprentissage dans l’entreprise). En fin de cycle, étudiants «classiques» et apprentis obtiennent tous le même diplôme. Alors quels avantages présente la formule de l’apprentissage ? Le fait d’être rémunéré un certain pourcentage du SMIC, car l’apprenti bénéficie d’un statut de salarié, ainsi que celui d’être plus rapidement opérationnel dans l’emploi.
«L’objectif de Forma-sup est l’insertion rapide dans le milieu professionnel, explique Caroline Ducruix, responsable qualité, organisation et communication. Ainsi, six mois après la sortie de la formation, 74 % des jeunes ont trouvé un emploi.
Ces formations par apprentissage sont toujours mises sur pied à la demande du monde économique, qui constate une difficulté de recrutement de profils d’encadrement, qui requièrent un réel savoir-faire dès la prise de fonction.»
Les métiers de la comptabilité, de la banque sont particulièrement friands de ces formations supérieures par apprentissage, les NTIC aussi, tout comme l’agroalimentaire, la maintenance dans le nucléaire, l’environnement, les fonctions commerciales, la vitiviniculture…
Nathalie Brichler
> NOTES
(1) Pour en savoir plus, www.formasup-arl.fr
(2) Rhône-Alpes compte
actuellement 3 300 étudiants apprentis. |

Les métiers de l’agroalimentaire font partie de ceux qui proposent un certain nombre de formations supérieures par apprentissage / Philippe Trias |
«Se bâtir
une stratégie de formation»
Martine Pierotti
Responsable du CIO
de Villefranche sur Saône
L’entrée dans l’enseignement supérieur est une étape angoissante, tant pour le jeune que pour son entourage, reconnaît Martine Pierotti, responsable du CIO de Villefranche sur Saône. Il est donc essentiel qu’il se bâtisse une véritable stratégie de formation. Je passe mon temps à dédramatiser la chose parce qu’il n’y a pas de trajectoire linéaire et que l’élaboration d’un projet se fait aussi en fonction d’opportunités, de rencontres. D’abord, quelles affinités le jeune a-t-il avec telle ou telle discipline qui constituera le cœur de la formation qu’il envisage ? Ensuite, est-il d’une nature qui a besoin d’être encadrée pour travailler ? Il y a en effet des élèves brillants qui échouent en fac parce qu’ils s’y sentent perdus, anonymes. Peut-être vaut-il mieux alors envisager une école, type IUT, où l’enseignement sera plus cadré, quitte à enchaîner ensuite sur une licence. De même, n’envisager que des concours d’entrée aux écoles est risqué, vu le nombre de candidats. Enfin, le coût des formations supérieures, leurs frais annexes (logement, nourriture,…) et le nombre d’années pour atteindre le diplôme visé auront un impact sur la sérénité de l’étudiant et de sa famille. S’inscrire à la fac signifie de s’engager au moins pour trois, voire cinq ans.. |