«Par petites touches »  
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Si de nombreux outils et supports existent, le choix d’une filière demeure un passage délicat.

>> Quel est l’état d’esprit des élèves des classes terminales face à l’orientation ?
Il n’est jamais facile de se projeter à 18 ans. Les jeunes de terminale savent qu’ils sont nombreux à poursuivre dans l’enseignement supérieur. Cette massification induit une sélection importante. Ils savent aussi qu’il y a beaucoup de chômage, des restructurations au niveau des métiers, des fonctions professionnelles et des entreprises.
Je participe régulièrement à des salons comme le Mondial des métiers, et je perçois énormément d’angoisse autour de ce sujet de l’orientation. Il m’arrive de parler plus longuement avec les parents qu’avec les jeunes eux-mêmes.

>> Comment s’élabore une orientation vers une carrière professionnelle ?
Elle se fait par étape. Cela commence par exemple avec l’envie de devenir infirmier ou infirmière. L’élève va en discuter autour de lui. Certains vont faire un petit stage, découvrir la proximité des malades ou se confronter à la vue du sang. Une telle approche peut conforter ou infirmer une première impression. Si le métier ne plait pas, il faut se relancer vers une autre orientation. Chaque essai n’est pas un échec.
Au contraire, la construction d’un choix s’élabore par petites touches. Tous les jeunes n’ont pas le même rythme. La maturité, les interactions familiales jouent aussi un rôle. Le regard de la famille est souvent positif mais si l’enfant n’a pas la liberté suffisante pour formuler son projet, il peut se sentir contraint, enfermé.

>> Est-il plus difficile de choisir un métier aujourd’hui ?
Il y a beaucoup moins de lisibilité des métiers qu’auparavant. Ceux qui se déclinent en termes de fonction sont plus difficiles à décrypter. Dans le domaine commercial, la gestion, la finance, l’encadrement, la gestion des ressources humaines, les fonctions s’exercent au sein de secteurs d’activités et d’entreprises très variés. Il devient difficile de se projeter dans ces métiers. Les diplômes qui y conduisent peuvent rebuter alors que les professions auxquelles ils préparent se révèlent passionnantes pour ceux à qui elles correspondent.

Propos recueillis par Bruno Crozat


Liliane Grandclément est conseillère d’orientation à l’Onisep de Lyon / Bruno Crozat

Ne pas subir son orientation
Etre actif, c’est sans doute la clé pour bien s’orienter dans la vie professionnelle. Les lycéens disposent de nombreux outils. Les brochures de l’Onisep recensent plus de 13 000 formations et
6 000 adresses pour s’informer. Comment trier toutes ces informations ? Les conseillers d’orientation des CIO (Centre d’Information et d’Orientation), le professeur principal et même le directeur d’établissement constituent des relais. L’expérience d’un stage ou la rencontre d’un professionnel permet de tester ses motivations et ses dispositions pour un secteur d’activité. La lecture attentive des programmes qui sont proposés au sein du cursus envisagé représente également une bonne façon de se déterminer. Elle permet de se confronter à ses goûts personnels et vérifier si les matières enseignées plaisent.

Onisep : www.orientation-lyon.org

 

 
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