« Être un bosseur, assurément ! »  
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Appliquer le droit en entreprise nécessite de l’expérience. Pas toujours facile au départ quand
les études sont essentiellement théoriques. C’est ce qu’explique Thomas Manikas, juriste d’entreprise.

« Les études de droit m’ont donné un œil avisé sur l’actualité et la compréhension de l’action publique. Et au fur et à mesure qu’on avance, on découvre autre chose que le métier d’avocat ! » explique Thomas Manikas, juriste d’entreprise. Les longues années d’études
incitent fortement à la « débrouillardise », à s’adapter au rythme soutenu des cours. Et pour s’en sortir, Thomas a souvent appris par cœur.
« Le cursus éveille en nous une fibre juridique et nous ouvre les yeux sur les règles de la société. Pour cela, il faut être un bosseur », sourit-il.

« Formation 100 % théorique »
La quatrième année est décisive : «Il faut choisir parmi pléthore de masters. Je me suis spécialisé en droit social car cela correspondait à mes aspirations et je me suis vite retrouvé sur le marché du travail sans expérience. J’ai donc dû enchaîner les stages non rémunérés. Ma formation est 100 % théorique» ! Aujourd’hui, Thomas plaide pour une meilleure reconnaissance du travail accompli en stage, seule solution pour acquérir de la pratique,
sans «compter».

Rôle du juriste d’entreprise
Thomas a accepté un poste pour aider son employeur. Le but d’un juriste étant d’éviter le contentieux et d’apporter le bon conseil, explique-t-il. En effet, de plus en plus d’entreprises créent leur propre service juridique. « Un bon juriste doit être à l’écoute et connaît la culture de son entreprise. Il doit avoir un bon relationnel, savoir transposer les règles juridiques à l’entreprise, apporter la bonne solution dans son intérêt. Il n’oublie pas aussi de s’informer par la veille juridique ». Côté salaire, un juriste débutant peut espérer un salaire compris entre 25 et 30 Keuros/an. Avec cinq ans d’expérience, le salaire varie en fonction de l’entreprise et du secteur. Les secteurs pharmaceutique, mécanique, de la défense, de l’industrie du luxe, du BTP… sont ceux qui paient bien, d’après l’AFEJ, l’Association française des juristes d’entreprise. Un bel avenir dans tous les secteurs.

Sabrina Robin


«Un juriste expérimenté transpose les règles juridiques au monde de l’entreprise», explique Thomas Manikas, jeune juriste / S. R

Entre 15 000 et 20 000 juristes d’entreprise
Les professionnels du droit ont doublé en 20 ans et les avocats sont les plus nombreux
Situation : les professionnels du droit ont doublé en 20 ans et les avocats sont les plus nombreux devant les greffiers, les notaires, les magistrats ou les huissiers. Les juristes d’entreprise représenteraient entre 15 000 et 20 000 personnes.

Recrutement : fiscaliste, avocat : 2223 avocats sont inscrits au barreau de Lyon, 419 à Grenoble, 36 à Villefranche et 11 à Belley (source : Conférence des Batonniers). En France, ils étaient 43 977 en 2005.

Compétences recherchées : Bac +5 minimum. Rigueur intellectuelle, anglais courant, compétence en fiscalité, en fusion acquisition, conseil,…

Formation : Master Juriste d’entreprise ou DJCE, diplôme de juriste-conseil en entreprise (3e cycle, délivré à Lyon 3). Avocat : IEJ (Institut d’Etudes Judiciaires), puis CRFPA (Centre régional de formation professionnelle des avocats).

Métiers du droit : en cabinet : administrateur judiciaire, clerc de notaire… Au tribunal : greffier, juge (administratif, aux affaires familiales, des enfants…). Au commissariat, en prison : lieutenant de police, commissaire, chef d’établissement pénitentiaire, éducateur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse… En entreprise : administrateur de biens, fiscaliste, juriste de banque, rédacteur d’assurances

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